Pierre, Marie, Daniel   LARNICOL

Date de naissance :

19 juin 1921

Lieu de naissance :

Plobannalec (Plobannalec-Lesconil) (29) France

Date de décès :

5 mars 1998

Lieu de décès :

Lanester (56) France

Ralliement :

13 mai 1943 - France combattante - 601 ( Dominique )

Engagement dans les FNFL :

28 juin 1943 - New York

Matricules :

2021B38, 869FN43

Affectations :

Minerve, Doris

Grade atteint pendant la guerre :

Quartier-maître électricien

Photo de profil de LARNICOL
29 juillet 1938   à   13 août 1938

Dépôt de Brest

13 août 1938   à   1 avril 1939

Océan ( Navire école )

1 avril 1939   à   1 juillet 1939

Dépôt Lorient

1 juillet 1939   à   4 juin 1940

Héros ( Sous-marin )

4 juin 1940   à   17 septembre 1940

Dépôt Toulon

17 septembre 1940   à   1 janvier 1941

Volta ( Contre-torpilleur )

7 janvier 1941   à   10 mars 1942

Béarn ( Porte-avions )

10 mars 1942   à   19 mai 1943

Emile Bertin ( Croiseur )

13 mai 1943

Ralliement France combattante - 601 ( Dominique )

28 juin 1943

Engagement : FNFL - New York

18 août 1943

Mis en route sur la Grande-Bretagne

7 septembre 1943   à   12 septembre 1943

CPL (Compagnie de passage des FNFL à Londres)

12 septembre 1943   à   30 juin 1944

Minerve ( Sous-marin )

30 juin 1944   à   11 avril 1945

Doris ( Sous-marin )

11 avril 1945   à   1 mai 1945

Direction du port Brest

1 mai 1945   à   5 octobre 1945

Dépôt de Brest

5 octobre 1945

Renvoyé dans ses foyers

Christian Larnicol nous a transmis le compte-rendu de « l'échappée belle » de son père Pierre Larnicol accompagné par son camarade de bord le quartier-maître Ehrler Roger un certain 13 mai 1943 (c'est ce jour qui a été retenu comme date de ralliement à la France combattante) :


« Les deux quartiers-maîtres électriciens affectés au croiseur Emile Bertin ont posé quinze jours de permission de détente et sont en pension dans une famille de pêcheurs dans la partie Nord de La Martinique.


Ils ont eu l'extrême sagesse de ne pas retirer l'intégralité des dépôts de solde qu'ils détiennent sur leur livret de caisse d'épargne à bord de l'Emile Bertin afin de ne pas soulever le moindre soupçon ! Prudence extrême car les dissidents sont légion à bord du croiseur en mai 1943.


Leur décision, prise depuis longtemps est irrévocable : Cap sur la possession anglaise de l'île de la Dominique afin de rallier la France Libre.


Les deux marins ont négocié auprès de deux pêcheurs martiniquais, propriétaires d'un gommier traditionnel à voile et seront payés en monnaie sonnante et trébuchante au moment du grand appareillage et les « travailleurs de la Mer » ont été sermonnés par les deux candidats au voyage : « Pas de coup fourré de votre part et si ils vous venait l'idée de nous  remettre aux gendarmes en mer, nous ne donnerons pas cher de votre peau ».


Le 13 mai 1943 avant même que l'aube ne se lève, ils ont rendez-vous vous sur la rive (zone de Macouba -Grand-rivière) avec les deux autochtones et leur gommier. Pierre et Roger s'allongent dans le fond du gommier afin de ne pas être repérés une fois le jour venu en haute mer par les forces maritimes vichystes qui surveillent la zone maritime autour de La Martinique.


La traversée débutée à l'aube s'achèvera en fin d'après-midi de ce 13 mai 1943 et l'équipage touchera la rive Sud de La Dominique complètement épuisé par la navigation extrêmement périlleuse du canal de La Dominique, d'autant plus qu'avec un avis de grand frais, ils ont affronté une mer formée avec risque de chavirage totalement incontrôlé.


Les deux Martiniquais ne trainent pas à terre et remettent le cap sur leur île natale. Pierre Larnicol et son ami mulhousien Roger Ehrler sont déterminés à rejoindre au plus vite la France Libre.


Pour ce faire, quelques semaines plus tard lors d'une escale d'un cargo américain ils embarquent à bord et rejoignent les Etats-Unis où ils subiront moult interrogatoires, avant de pouvoir rejoindre la France Libre ».


D'après son acte d'engagement (cf verso ci-dessous), il s'engagea dans les FNFL le 28 juin 1943 à New York devant le lieutenant colonel R. Brunschwig.


Les deux marins traceront leur propre sillage, ils ne se reverront jamais, mais ils s'engagèrent tous les deux dans les FNFL : Roger fut affecté au destroyer d'escorte Tunisien et Pierre au sous-marin Minerve.


Le 10 octobre 1943 le sous-marin fut bombardé par méprise d'un équipage néo-zélandais à bord d'un avion Liberator : il y eut deux morts (Charles et Jézéquel) et la Minerve ne fut jamais réparée. Trois choix furent proposés aux marins : rejoindre les sous-marins Doris ou Curie ou embarquer sur un bâtiment de surface. Pierre Larnicol choisit de rester fidèle au LV. Simon-Dubuisson et à l'officier en second Jacques Le Gall qui en assurant le commandement par interim à la mer de la Doris en mars et avril 1945, à 24 ans, fut le plus jeune commandant de sous-marin au sein des FNFL.



Informations complémentaires :


  • Photo ci-dessous prise en juillet 1944 alors que le sous-marin Doris commençait ses essais à Barrow in Furness (photo ECPA transmise par Christian Larnicol), de gauche à droite : QM électricien Jean-René Kerdranvat, QM électricien Pierre Larnicol, EV1 André Labbé (officier en 3ème), EV1 Jacques Le Gall (officier en second, Davis, officier de liaison, Hély Marins, QM électricien Henri Filliol, QM torpilleur Gabriel Guéguen (derrière Labbé), QM de manoeuvre Alix Corolleur et QM mécanicien Gérard Goudier.


Décorations, distinctions :

  • Médaille commémorative des services volontaires dans la France libre
  • Croix du combattant volontaire de la guerre 1939-1945
  • Médaille commémorative française de la guerre 1939-1945 barrette Atlantique

Sources :

  • Etat Signalétique et des Services
  • GR 16 P 339039 [non consulté]
  • André BOUCHI-LAMONTAGNE, Historique des Forces navales françaises libres, t. 5, Mémorial
  • Site francaislibres.net