Roger, Pierre   EHRLER

Date de naissance :

24 mai 1923

Lieu de naissance :

Mulhouse (68) France

Date de décès :

21 février 2002

Lieu de décès :

Bâle (400) Suisse

Ralliement :

13 mai 1943 - France combattante - La Dominique

Engagement dans les FNFL :

20 mai 1943

Matricules :

883T39, 20143FN43

Affectations :

Misssion navale Canada, Tunisien

Grade atteint pendant la guerre :

Quartier-maître électricien

4 avril 1939   à   1 avril 1940

Armorique ( Navire école )

1 avril 1940   à   1 novembre 1940

Océan ( Navire école )

1 novembre 1940   à   1 janvier 1941

Strasbourg ( Cuirassé )

1 janvier 1941   à   7 janvier 1941

5ème Dépôt (Toulon)

7 janvier 1941   à   1 novembre 1941

Béarn ( Porte-avions )

1 juillet 1941

Quartier-maître de 2ème classe électricien

1 novembre 1941   à   20 mai 1943

Emile Bertin ( Croiseur )

13 mai 1943

Ralliement France combattante - La Dominique

20 mai 1943

Engagement : FNFL

20 mai 1943   à   2 septembre 1943

Marine Norfolk

2 septembre 1943   à   26 février 1944

Mission navale française au Canada

26 février 1944   à   17 mars 1945

Tunisien ( Destroyer d'escorte )

17 mars 1945   à   20 avril 1945

5ème Dépôt (Toulon)

20 avril 1945   à   18 août 1945

Unité administrative des Forces d'escorte

18 août 1945

Démobilisé

Le quartier-maître Roger Ehrler rallia la France combattante en compagnie de son camarade de bord, le quartier-maître Pierre Larnicol.


Voir le récit « l'échappée belle » le13 mai 1943 transmis par Christian Larnicol, le fils de Pierre :


« Les deux quartiers-maîtres électriciens affectés au croiseur Emile Bertin ont posé quinze jours de permission de détente et sont en pension dans une famille de pêcheurs dans la partie Nord de La Martinique.


Ils ont eu l'extrême sagesse de ne pas retirer l'intégralité des dépôts de solde qu'ils détiennent sur leur livret de caisse d'épargne à bord de l'Emile Bertin afin de ne pas soulever le moindre soupçon ! Prudence extrême car les dissidents sont légion à bord du croiseur en mai 1943.


Leur décision, prise depuis longtemps est irrévocable : Cap sur la possession anglaise de l'île de la Dominique afin de rallier la France Libre.


Les deux marins ont négocié auprès de deux pêcheurs martiniquais, propriétaires d'un gommier traditionnel à voile et seront payés en monnaie sonnante et trébuchante au moment du grand appareillage et les « travailleurs de la Mer » ont été sermonnés par les deux candidats au voyage : « Pas de coup fourré de votre part et si ils vous venait l'idée de nous remettre aux gendarmes en mer, nous ne donnerons pas cher de votre peau ».


Le 13 mai 1943 avant même que l'aube ne se lève, ils ont rendez-vous vous sur la rive (zone de Macouba -Grand-rivière) avec les deux autochtones et leur gommier. Pierre et Roger s'allongent dans le fond du gommier afin de ne pas être repérés une fois le jour venu en haute mer par les forces maritimes vichystes qui surveillent la zone maritime autour de La Martinique.


La traversée débutée à l'aube s'achèvera en fin d'après-midi de ce 13 mai 1943 et l'équipage touchera la rive Sud de La Dominique complètement épuisé par la navigation extrêmement périlleuse du canal de La Dominique, d'autant plus qu'avec un avis de grand frais, ils ont affronté une mer formée avec risque de chavirage totalement incontrôlé.


Les deux Martiniquais ne trainent pas à terre et remettent le cap sur leur île natale. Pierre Larnicol et son ami mulhousien Roger Ehrler sont déterminés à rejoindre au plus vite la France Libre. Pour ce faire, quelques semaines plus tard lors d'une escale d'un cargo américain ils embarquent à bord et rejoignent les Etats-Unis où ils subiront moult interrogatoires, avant de pouvoir rejoindre la France Libre ».


Les deux marins traceront leur propre sillage, ils ne se reverront jamais, mais ils s'engagèrent tous les deux dans les FNFL : Roger fut notamment affecté au destroyer d'escorte Tunisien et Pierre au sous-marin Minerve.

Sources :

  • Etat signalétique et des services (ESS)