Joseph, Julien   HOURÇOURIGARAY

Date de naissance :

29 mars 1921

Lieu de naissance :

Esquiule (64 ) France

date de décès :

12 avril 2008

Lieu de décès :

Aramits (64) France

Ralliement :

31 octobre 1940 - France libre - Alexandrie 100 ( Egypte )

Engagement dans les FNFL :

1 janvier 1941 - 400 ( Grande-Bretagne )

Matricules :

1318R37, 3712FN40

Affectations :

Bouclier, Aconit, 1er BFMC

Grade atteint pendant la guerre :

Quartier-maître fusilier

N° badge commando Kieffer :

114

N° membre AFL :

1.326

1939   à   31 octobre 1940

Tourville ( Croiseur )

31 octobre 1940

Ralliement France libre - Alexandrie 100 ( Egypte )

1 novembre 1940   à   15 décembre 1940

1er BIM (1er Bataillon d'infanterie de marine)

1 janvier 1941

Engagement : FNFL - 400 ( Grande-Bretagne )

8 janvier 1941   à   18 juillet 1941

Bouclier ( Torpilleur )

18 juillet 1941   à   10 février 1943

Aconit ( Corvette )

27 juin 1943   à   1945

1er BFMC (1er Bataillon de fusiliers marins commandos)

Le matelot mécanicien Joseph Hourçourigaray était à bord du Tourville, lorsque la force X, à laquelle appartenait le croiseur, fut internée à Alexandrie par les Anglais dans le cadre de l'opération Catapult (3 juillet 1940). Le 31 octobre 1940, il quitta ce bâtiment pour rallier la France libre et fut porté déserteur le 1er novembre à 0 h 00.


Le 1er juillet 1959, répondant à un questionnaire du Comité d'histoire de le Deuxième Guerre mondiale, Joseph Hourçourigaray précisait les circonstances de son ralliement à la France libre :


« A bord, de juin juillet août les langues se déliaient, on parlait de Dunkerque, Mers el-Kébir, certains maudissaient les Anglais, les pères de famille voulaient rentrer, que la France soit occupée ou pas, ils s'en fichaient, ils ne pensaient qu'à rentrer pour jouir d'une retraite bien gagnée.

Plusieurs rentrèrent en France par la Providence. D'autres en ville (Alexandrie) avaient vu un drôle de drapeau bleu blanc rouge avec croix de Lorraine. Qu'était-ce ?

Les horaires de sorties et rentrées à bord étaient modifiés, des patrouilles en ville composées d'hommes de plusieurs bâtiments ramenaient ou plutôt recherchaient sans les trouver ceux que certains nommaient des traîtres, déserteurs.

Le 31 octobre 1940 Herry Henri, Cuny Edmond et moi-même, tout jeunes, après maints conciliabules secrets à bord, avec un moral du tonnerre, gonflés à bloc, après avoir perçu notre solde, nous présentâmes sur les rangs des permissionnaires tout de blanc vêtus, allâmes dans le local en ville où était ce drôle de drapeau et vîmes l'Appel de De Gaulle le coeur plein de joie et gonflés à bloc.

C'était une antenne du Comité National d'Egypte. On nous habilla en marins anglais, nous donna des piastres et [nous] partîmes par le train jusqu'à Ismaïlia. »


Dans une lettre à l'« Association FFL à Paris », Joseph Hourçourigaray précise :


« Pour ne pas être arrêté par des patrouilles de l'escadre X, j'ai pris le train en pantalon bleu de chauffe et chemise achetés avec ma solde perçue la veille pour Ismaïlia. »


Selon les informations fournies dans sa demande d'admission dans l'Association des Français libres après la guerre, Joseph Hourçourigaray aurait été affecté le 1er octobre au 1er BIM (1er Bataillon d'infanterie de marine) à Ismaïlia. Il s'agit plus vraisemblablement du 1er novembre, puisqu'il a déserté le 31 octobre. Le 1er BIM était bien une unité des Forces françaises libres, mais il ne faisait pas partie de la marine.


Dans sa réponse à l'enquête du Comité d'histoire de la Deuxième Guerre mondiale, Joseph Hourçourigaray indique que lui-même et ses deux camarades d'évasion sont ensuite partis du Caire sur le Monarch of Bermuda pour arriver à Londres en novembre 1940 [1]. Il ne devait jamais revoir ses deux amis du Tourville. La date de son départ du 1er BIM (15 décembre 1940 selon sa demande d'admission dans l'AFL) aurait dans ce cas un caractère purement administratif.


Le 1er janvier 1941, Joseph Hourçourigaray s'engageait dans les FNFL.


Il fut impressionné par l'attitude de la population britannique :


« A Londres, Portsmouth, Plymouth, en Ecosse, j'ai vu les populations toujours aussi calmes, malgré les nombreux et puissants bombardements, d'un cran admirable. J'ai vu l'Anglais de tous les rangs quitter son boulot pour accomplir son devoir de guerre, monter la garde avec sa Sten [2], construire des barrages, secourir, etc. etc. Avec nos pompons rouges ou nos insignes France sur les épaules [nous] étions considérés. Nous étions, il est vrai, ceux qui n'acceptaient pas la défaite. »


Il fut affecté au Bouclier (torpilleur en mauvais état et donc placé en gardiennage à partir de mai 1941) et à la corvette Aconit.


Au cours de l'année 1943, de passage à la caserne Bir-Hakeim à Portsmouth, il rencontra Philippe Kieffer et Francis Vourc'h, qui recherchaient des volontaires pour les commandos :


« Baroudeur, grand, costaud ( 1,82, 84 kg), je fus incorporé à Aknakarry [Achnacarry] en Ecosse du Nord. [nous] fîmes un entraînement terrible et [je] devins commando breveté béret vert affecté aux N° 10 et 4 commando franco-britanniques du colonel Lawson. »


Dans la nuit de Noël 1943, Joseph Hourçourigaray prit part au raid sur l'île de Jersey. Au cours de l'opération, le capitaine britannique Hayton, chef du commando, fut tué et deux soldats furent blessés. Les rescapés, qui avaient néanmoins recueilli de précieux renseignements sur les installations ennemies, purent rejoindre leur embarcation et ramener le corps de l'officier et les deux blessés.


Le 6 juin 1944, il prit part au débarquement sur la plage de Colleville-sur-Orne et libéra Ouistreham. Le même jour, il fut blessé par une balle dans le dos, évacué et soigné en Angleterre. De retour en Normandie avec le gros des renforts du 17 août 1944, devant le bois de Bavent, il fut blessé une deuxième fois par un sniper. Rapatrié une nouvelle fois, il réintégra les commandos au lac de Constance en avril 1945.


Avant d'être démobilisé en 1946 au centre Siroco près d'Alger, Joseph Hourçourigaray, retour d'Allemagne, obtint 70 jours de congé en août 1945.


__________

[1] Selon Stéphane Simonnet, après son évasion, Joseph Hourçourigaray « fut arrêté, emprisonné et interrogé par les Anglais [et] finalement expédié en Angleterre ». Et l'ancien marin écrit dans sa lettre à l'« Association des FFL » qu'il est « devenu FFL en passant par la Marine anglaise, la police égyptienne, etc. etc. ».

Nous n'avons pas pour le moment d'informations sur la traversée du Monarch of Bermuda. Et les dates données par Joseph Hourçourigaray sont vraisemblablement erronées. Le départ du Caire ne peut avoir eu lieu en octobre, compte tenu de la date de la désertion (31 octobre) et du passage préalable par le 1er BIM à Ismaïlia. Et donc l'arrivée en Grande-Bretagne en novembre est également sujette à caution, compte tenu du fait que le navire a contourné l'Afrique par le sud. Il est possible qu'il y ait eu confusion dans la mémoire de l'ancien marin entre les mois d'octobre et novembre d'une part, novembre et décembre d'autre part.

[2] Sten : pistolet mitrailleur massivement utilisé pendant la Deuxième Guerre mondiale.


Vidéo ; Jean-François GORETTA, Ils étaient 177 (reportage à l'occasion du 25ème anniversaire du débarquement en Normandie. Interview d'un groupe d'anciens combattants français), 6 juin 1969. Voir l'interview de Joseph Hourçourigaray de  03:15 à 06:15.


[Dernière mise à jour : 17 septembre 2021]

Décorations, distinctions :

  • Croix du combattant volontaire de la guerre 1939-1945
  • Croix de guerre 1939-1945 avec deux palmes et étoile de vermeil
  • Médailles des évadés
  • Chevalier de la Légion d'honneur
  • Médaille militaire
  • Médaille de la Résistance française

Sources :

  • Archives FdFL (AFL 1.326)
  • SHD Vincennes, TTE 50
  • GR 16 P 296853 [non consulté]
  • Archives du Comité d'Histoire de la Deuxième Guerre mondiale (réponse au questionnaire du comité, 1er juillet 1959)
  • Archives du Comité d'Histoire de la Deuxième Guerre mondiale '(lettre à l'Association FFL Paris, s.d.)
  • Stéphane SIMONNET, Nous les hommes du commando Kieffer - Récits du 6 juin 1944, Tallandier, 2019, pp. 131-136
  • Site Parcours de vies dans la Royale
  • André BOUCHI-LAMONTAGNE, Historique des Forces navales françaises libres, t. 5, Mémorial
  • Site francaislibres.net