Date de naissance :
1 juin 1919
Lieu de naissance :
Mouvaux (59 ) France
date de décès :
13 août 2001
Lieu de décès :
Paris (75) France
Engagement dans les FNFL :
1 juillet 1940
Matricules :
3050 C39
Affectations :
Courbet, Chasseur 41 Audierne, Chasseur 43 Lavandou, Ecole navale Président Théodore Tissier, Lobélia, La Découverte
Grade atteint pendant la guerre :
Enseigne de vaisseau
N° membre AFL :
5.790
Entré au service (après l'Ecole d'Hydrographie de Boulogne sur-mer)
Engagement : FNFL
Officier en second Chasseur 43 Lavandou
Aspirant
Enseigne de vaisseau de 2ème classe
Officier en second Lobélia
Officier canonnier Lobélia
Enseigne de vaisseau de 1ère classe
Officier canonnier La Découverte
Stage d'observateur aéro en Grande-Bretagne
Albert Labbens était matelot timonier à bord du Sauternes en mai 1940. Le cargo de la compagnie Worms et Cie, basé au Havre, avait été réquisitionné en 1939 et armé en patrouilleur auxiliaire sous le numéro P22. Affecté à la 3éme Escadrille de patrouilleurs auxiliaires, il participa activement à l'opération Dynamo et à l' évacuation de la poche de Dunkerque du 20 mai au 3 juin 1940. Le 12 juin, il évacua des troupes à Saint-Valéry en Caux. Le 20 juin, il arrivait à Plymouth, faisant escorte aux sous-marins Minerve et Junon évacués de Cherbourg sur Brest et déroutés en mer d'Iroise sur le port britannique.
Le 3 juillet 1940 il fut saisi à Plymouth par les Britanniques dans le cadre de l'opération Catapult. L'équipage fut interné dans le camp d'Aintree. Dans son rapport de novembre 1940 au contre-amiral Aubin, chef d'état-major de la 3ème région maritime sur le séjour en Angleterre, l'enseigne de vaisseau de 1ère classe Léon Lacas, commandant le Sauternes, parlant de la propagande gaulliste dans le camp, note :
« La propagande en faveur de De Gaulle était presque journalière, les résultats à peu près nuls. Le matelot timonier Labbens Jean [sic], du Sauternes, âgé de 18 ans et de mère anglaise, est parti dans la marine britannique. »
Albert Labbens décida donc de poursuivre le combat. Rien n'indique qu'il ait d'abord choisi de s'engager dans la Royal Navy. Le Mémorial date son engagement dans les FNFL du 1er juillet 1940, mais cette date a certainement une valeur rétroactive, puisqu'il a rallié la France libre après l'opération Catapult. Il fut ensuite affecté sur le cuirassé Courbet, qui servait alors de dépôt des équipages à Portsmouth [1].
Albert Labbens monta ensuite rapidement en grade - ce qui n'a rien d'étonnant compte tenu de la formation qu'il avait reçue à l'école d'hydrographie - et se vit confier d'importantes responsabilités.
A la fin des hostilités, il servit dans les bases aéronavales (BAN) d'Arzew, Hourtin, Dakar et Rochefort, de 1945 à 1947. Affecté à l'escadrille 7F, il fut chef navigation et météo sur Sunderland.
Puis il fut affecté en Indochine d'abord de 1947 à 1949 aux Forces amphibies, commandant le chaland cuirassé Foudre, la VP 10 et les LCT 1157 et 1329 et ensuite, étant breveté fusilier et parachutiste, à la tête du commando François et au groupement des commandos aéroportés de 1950 à 1953. Il sera blessé en 1951 à Ninh Binh.
En 1957 et 1958, il servit au 1er bataillon de la Demi-Brigade de fusiliers marins (DBFM) et à Colomb-Béchar, commandant la 1re compagnie. Il fut chef de cabinet de l'amiral commandant la Base stratégique de Bizerte en 1959, puis attaché naval à Moscou, Varsovie et Helsinki de 1961 à 1963.
Il fut ensuite embarqué sur le croiseur Colbert de 1963 à 1965 comme chef du service intérieur puis commandant en second.
De 1965 à 1967, il commanda l'escorteur d'escadre Maillé-Brézé, avant d'être affecté à l'état-major du général inspecteur de la défense opérationnelle du territoire de 1967 à 1971, en étant promu capitaine de vaisseau le 1er février 1971.
Capitaine au long cours en 1971, il commanda le voilier Bel Espoir jusqu'en 1977 et effectua deux expéditions la Croisière des Sables en 1977 et la Croisière Sauvage en 1978, ainsi qu'un séjour chez les Esquimaux sur l'Ile de Banks (Nord Ouest du Canada). Il fut secrétaire général de l'Institut des études arctiques.
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[1] Dans la demande d'admission dans l'Association des Français libres après la guerre (voir le document ci-dessous), la date d'embarquement d'Albert Labbens n'est pas très lisible. Il pourrait s'agir du 12 juillet, en tout cas d'une date postérieure au 10.
Décorations, distinctions :
Sources :